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Beaujolais nouveau : date, origine et fêtes dans le vignoble

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Beaujolais nouveau : date, origine et fêtes dans le vignoble

Vin primeur de gamay, rouge ou rosé, le Beaujolais nouveau sort chaque année le troisième jeudi de novembre, soit le jeudi 19 novembre 2026. Seules les appellations Beaujolais et Beaujolais Villages peuvent le produire. Pour vivre son arrivée au vignoble plutôt qu’au comptoir, visez Beaujeu, où les Sarmentelles lancent la fête dès le mercredi soir.

Qu’est-ce que le Beaujolais nouveau, exactement ?

Comme tout vin primeur, il est mis en vente l’année même de sa récolte, quelques semaines après les vendanges. Là où la plupart des vins passent l’hiver en cave, celui-ci se boit jeune, sur son fruit. Dans l’usage, « Beaujolais nouveau » et « beaujolais primeur » désignent le même vin.

L’interprofession des vins du Beaujolais est formelle : Beaujolais et Beaujolais Villages sont les deux seules AOC à pouvoir produire des Beaujolais Nouveaux, en rouge comme en rosé. Les dix crus en sont donc exclus.

  • Beaujolais nouveau : AOC Beaujolais, née en 1937, 72 communes productrices d’après l’interprofession
  • Beaujolais Villages nouveau : AOC Beaujolais Villages, reconnue en 1950, 38 communes productrices
  • couleur : rouge dans la grande majorité des cas, rosé pour une partie des cuvées

Le rouge vient d’un seul cépage, le gamay noir à jus blanc, ancré dans le territoire depuis le début du XVIIe siècle. Selon l’interprofession, il couvre 97 % des vignes des douze appellations du Beaujolais. Son fruit franc supporte très bien une vinification courte.

Pourquoi le troisième jeudi de novembre ?

Selon l’interprofession, le 15 novembre 1951 marque la première mise en commercialisation des Beaujolais Nouveaux, et la commune de Beaujeu situe en 1967 la fixation du 15 novembre comme date de déblocage du primeur.

En 1985, un décret fixe au troisième jeudi de novembre la date de mise à la consommation, pour faciliter la mise sur le marché des 500 000 hectolitres de Beaujolais Nouveaux de l’époque, d’après l’interprofession. La commune de Beaujeu ajoute la raison pratique : éviter un déblocage en plein week-end.

AnnéeRepèreSource
1937Naissance de l’AOC BeaujolaisInterprofession
1950Naissance de l’AOC Beaujolais VillagesInterprofession
1951Première commercialisation des Nouveaux, le 15 novembreInterprofession
1967Date du 15 novembre fixée pour le déblocage du primeurCommune de Beaujeu
1985Décret : mise à la consommation le troisième jeudi de novembreInterprofession, commune de Beaujeu
1989Création des Sarmentelles à BeaujeuCommune de Beaujeu

En 2026, le troisième jeudi tombe le jeudi 19 novembre. Les fêtes commencent donc la veille : à Beaujeu, la percée a lieu dans la nuit du mercredi au jeudi. La même règle donne le 18 novembre 2027 et le 16 novembre 2028.

Des bouchons lyonnais au rendez-vous mondial

Avant la fête, il y avait le comptoir. L’interprofession rappelle qu’au XVIIe siècle, le Beaujolais devient le premier fournisseur des bouchons et tavernes lyonnaises : le lien entre ce vignoble et les comptoirs lyonnais précède de loin toute réglementation du primeur. Le vignoble doit d’ailleurs son nom à sa capitale historique, Beaujeu.

Les visiteurs suivent de près. D’après la chronologie de l’interprofession, le premier caveau de dégustation et de vente du Beaujolais ouvre à Morgon en 1953, et la route du Beaujolais est inaugurée le 11 juillet 1955.

Aujourd’hui, les Beaujolais Nouveaux et Beaujolais Villages Nouveaux sont dégustés dans 110 pays, selon le site que l’interprofession leur consacre. Revers de ce succès : l’image d’un vin réservé à un seul soir et à l’apéritif, que l’interprofession range elle-même parmi les idées reçues.

Grappes de raisin noir entières empilées dans une caisse de vendange en bois posée entre deux rangs de vigne

Comment naît un vin primeur : vendange entière et macération

Tout commence à la main. L’interprofession décrit des vendangeurs qui arpentent les parcelles pendant dix jours ou plus, hotte sur le dos, sécateur dans une main et seau dans l’autre. En cave arrivent des grappes entières, et leur intégrité commande la suite.

La macération semi-carbonique, étape par étape

La vinification traditionnelle dite « beaujolaise » repose sur une macération semi-carbonique, que l’interprofession décrit en cinq temps :

  1. Les grappes entières remplissent la cuve.
  2. Au fond, leur tassement libère du jus et déclenche une fermentation alcoolique.
  3. Cette fermentation produit du gaz carbonique, qui prive la cuve d’oxygène.
  4. Les baies restées intactes dans le haut de la cuve entrent en fermentation intracellulaire, source du fruité.
  5. Le vigneron tire le jus du fond, le vin de tire, puis presse les grappes pour obtenir le vin de presse.

Le terme de macération carbonique, souvent employé, désigne la même famille de vinifications : la fermentation de baies entières à l’abri de l’oxygène, qui donne selon l’interprofession des vins fruités, aromatiques et croquants.

Un élevage de quelques semaines

Le Nouveau quitte la cave quelques semaines après la récolte, quand la plupart des autres vins du vignoble poursuivent leur élevage en foudre, en cuve ou en fût au moins jusqu’au printemps, rappelle l’interprofession. D’où son style : peu marqué par l’élevage, des tanins discrets, tout dans le fruit.

Au verre : fruit, fraîcheur et température

L’interprofession recommande un service à 12 °C pour les Beaujolais Nouveaux et Beaujolais Villages Nouveaux, plus frais que ses autres repères :

  • Beaujolais et Beaujolais Villages rouges : 13 à 14 °C
  • crus du Beaujolais : 15 à 17 °C
  • rosés des deux appellations : 5 à 8 °C

La méthode œil, nez, bouche détaillée dans le déroulé d’une dégustation de vin s’applique telle quelle : robe vive aux reflets violacés, nez de fruits rouges, bouche souple. Pour la version rosée, les principes de la vinification du vin rosé, pressurage direct ou courte macération, éclairent ce qui la distingue du rouge.

Verre de vin rouge léger et lumineux posé sur un tonneau en bois dans une cave voûtée en pierre éclairée par une lampe chaude

Fêter l’arrivée du Beaujolais nouveau au vignoble

Les bars des grandes villes servent le Nouveau le même jour que le vignoble. Au village, vous trinquez dans les rues où il est produit, souvent aux côtés de ceux qui l’ont fait.

Les Sarmentelles de Beaujeu, du 18 au 22 novembre 2026

Beaujeu a créé en 1989 une grande fête conviviale pour renouer avec la tradition, selon la commune. La fête des Sarmentelles de Beaujeu dure cinq jours, du mercredi au dimanche, soit du 18 au 22 novembre 2026 d’après le programme de l’association organisatrice, qui s’appuie sur plus de 300 bénévoles selon la commune.

Le temps fort tombe le mercredi soir. Après un parcours dégustation au son des bandas, le défilé aux flambeaux part de la place de l’Hôtel de Ville : torche allumée, les participants suivent les brouettes enflammées jusqu’à la percée du Beaujolais, puis le bal. Une partie des animations passe par une billetterie : consultez le programme avant de partir.

Villefranche-sur-Saône et le marathon du samedi

Le samedi 21 novembre 2026, le marathon international du Beaujolais relie Fleurie à Villefranche-sur-Saône à travers vignes et cuvages, selon l’agenda de l’office de tourisme du Beaujolais. Même sans courir, la soirée mérite le déplacement : la mise en perce du Beaujolais nouveau se tient sur le parvis de l’Hôtel de Ville à partir de 18 heures.

Caves ouvertes et villages des Pierres Dorées

L’office de tourisme recense pour la semaine des Nouveaux des portes ouvertes, marchés, concerts et bals dans plusieurs communes, de Fleurie à Juliénas en passant par Vaux-en-Beaujolais. Repérez-les dans son agenda.

Au sud, les villages des Pierres Dorées, Oingt, Châtillon, Charnay ou Lucenay, offrent une parenthèse plus calme. Leurs maisons ont été bâties avec la pierre extraite du sous-sol, rappelle l’office de tourisme, sur un territoire reconnu Géoparc mondial par l’UNESCO en 2018.

Place de village vue de loin la nuit, silhouettes de dos sous des guirlandes lumineuses et des torches allumées

Venir au vignoble en novembre sans voiture

Le train reste le meilleur allié d’une soirée de Nouveaux. D’après l’office de tourisme du Beaujolais :

  • depuis Paris, le TGV relie la gare de Lyon à Mâcon-Loché-TGV en 1 h 40, puis un bus TER prend le relais
  • depuis le sud, le TGV arrive à Lyon Part-Dieu ou Perrache, d’où un TER rejoint Villefranche-sur-Saône en 25 minutes
  • sur place, les gares de Villefranche-sur-Saône et de Belleville-en-Beaujolais sont relayées par les cars du réseau départemental du Rhône et les taxis

Pour Beaujeu, vérifiez la correspondance en car depuis Belleville-en-Beaujolais, ou dormez sur place : le défilé se termine tard. Pour la semaine du troisième jeudi, réservez votre hébergement le plus tôt possible.

Novembre rime ici avec matins de brouillard et soirées fraîches : prévoyez des couches chaudes, des chaussures fermées et un vêtement imperméable, car la fête se vit dehors. Si vous circulez en voiture, laissez le volant à un conducteur désigné qui ne boit pas. Au caveau, demandez le crachoir et alternez avec de l’eau.

Au-delà du nouveau : les crus à découvrir le reste de l’année

Le Beaujolais nouveau ouvre une porte, il ne résume pas le vignoble. Au nord, les dix crus produisent des gamays de garde, servis entre 15 et 17 °C, dont certaines cuvées peuvent s’épanouir plus d’une dizaine d’années selon l’interprofession. Leur présentation figure dans la section Beaujolais de ce panorama des vignobles loin des foules.

Trois saisons pour revenir :

  • septembre, pour la récolte, à vivre côté rangs avec les vendanges participatives que propose aussi le Beaujolais
  • novembre, pour les Nouveaux et les fêtes de villages
  • le printemps et l’été, pour la route des vins du Beaujolais, repensée en 2010 selon l’interprofession, et les crus après leur élevage

Si l’œnotourisme reste une pratique nouvelle pour vous, cette définition de l’œnotourisme et de ses activités aide à choisir votre format de visite.

Prochaine étape : bloquer la nuit du 18 au 19 novembre

Choisissez votre base cette semaine : Beaujeu pour le défilé et la percée, Villefranche-sur-Saône pour le train et la mise en perce du samedi. Réservez ensuite votre TER depuis Lyon, vérifiez le programme 2026 des Sarmentelles pour les animations sur billetterie, puis repérez dans l’agenda de l’office de tourisme deux caves ouvertes à visiter le jeudi.